Dans le monde

Petit tour du monde de la simplicité volontaire
par Dominique Boisvert

Pratique-t-on la simplicité volontaire ailleurs qu’au Québec? Oui, bien évidemment. Et sans doute de manière bien plus répandue qu’on ne peut le mesurer, tout comme ici. Car bien des gens vivent simplement, de manière plus ou moins choisie ou consciente selon le cas, sans pour autant se référer à la notion de « simplicité volontaire » et encore moins être membre d’une organisation de simplicité volontaire. Posons donc la question autrement : existe-t-il ailleurs des « mouvements » ou des organisations qui font la promotion de la simplicité volontaire? La réponse est plus difficile et dépend des pays… et de ce qu’on appelle la simplicité volontaire!

Commençons par le Canada anglais
Mark Burch est le principal auteur canadien sur le sujet (auteur entre autres du magnifique La voie de la simplicité, Pour soi et la planète, publié en français par Écosociété en 2003). Il enseigne la simplicité volontaire au niveau universitaire à Winnipeg (sans doute l’un des seuls cours semblables dans le monde) depuis plus de dix ans et il a mis sur pied, en 2005, le Simplicity Practice And Resource Centre (SPARC) qui en fait la promotion et organise divers types de sessions sur la simplicité volontaire. On trouve aussi quelques individus qui s’intéressent à la question, particulièrement en Colombie-Britannique (dont Bruce Elkin), mais aucun autre groupe organisé, à ma connaissance.

img_4962Aux États-Unis, le portrait est beaucoup plus abondant, touffu et complexe. Terre d’origine de la simplicité volontaire (le créateur de l’expression simplicité volontaire, Richard Gregg, était Américain même s’il était un disciple de Gandhi et vivait en Inde quand il a écrit son texte fondateur en 1936; et le regain d’intérêt pour la simplicité volontaire est vraiment parti des É.-U. avec Duane Elgin à la fin des années 70), les États-Unis comptent un très grand nombre d’organisations, d’auteurs et de publications qui pourraient se rattacher, d’une manière ou d’une autre, au courant de la simplicité volontaire. Pour leur rendre justice, il faudrait vraiment y consacrer un article complet. Mentionnons entre autres Vicki Robin (Votre vie ou votre argent? et la New Road Map Foundation), Cecile Andrews et ses Simplicity Circles, John De Graaf (Affluenza, Take Back Your Time Day), le Center for a New American Dream, Simple Living America, le North West Earth Institute, etc.

On remarquera, en passant, que l’expression simplicité volontaire n’est que l’une des expressions utilisées, et même pas la plus importante : on parle plutôt de « simple living » ou de « simple life », mais aussi de quelques autres appellations. À partir de ces initiatives à la fois nombreuses et diverses (films, livres, conférences, articles, recherches académiques, organisations nationales, régionales ou locales, etc.), un groupe de leaders américains de la simplicité volontaire tentent de forger une « alliance » nationale qui pourrait développer une voix commune et donner une visibilité publique et politique plus grande au mouvement : c’est le Simplicity Forum, lancé en 2001 et qui tient un congrès annuel depuis ce temps. Chacun des groupes et initiatives a généralement son propre site Internet. Mais je voudrais quand même mentionner un site qui s’est donné comme mission de regrouper un très grand nombre de ressources américaines sur la simplicité volontaire : The Simple Living Network.

img_5842En Europe, la situation devient soudain plus nébuleuse. D’abord parce que l’expression simplicité volontaire est généralement peu utilisée, sauf parfois dans les pays de langue française. En effet, dans la plupart des autres pays, le terme utilisé (quand il y en a un qui a fini par s’imposer dans le langage courant, comme c’est le cas en Hollande avec « consuminderen ») n’est souvent pas une traduction de l’expression simplicité volontaire. Le terme hollandais, par exemple, signifie approximativement « consommer moins ». De même en Italie, l’un des mouvements importants qui pourrait se rattacher à l’esprit de la simplicité volontaire est le mouvement « slow » : slow food, ou slow citta, ce qui fait évidemment référence à l’idée de ralentissement, même s’il s’agit d’un effort de retour aux valeurs essentielles.

« La plupart des pays européens ne semblent pas avoir vraiment de « mouvement » ou d’organisation vouée à la simplicité volontaire ou à son équivalent.  »

Dans la plupart des cas, il s’agit plutôt d’embryons, d’initiatives encore locales ou regroupées autour d’un ou de quelques individus, parfois avec un site Internet, qui s’efforcent de partager les idées de la simplicité volontaire sous une forme ou l’autre. C’est d’ailleurs une seconde source de complexité : certains semblent nettement plus orientés vers « comment on peut vivre avec le moins d’argent possible » (le courant « économie », « épargne à tout prix »), ce que plusieurs hésiteraient à considérer comme de la véritable simplicité volontaire; alors que d’autres accentuent davantage les aspects de respect de l’environnement, de commerce équitable ou de nourriture et de produits locaux.

On peut avoir une certaine idée de la situation dans plusieurs pays d’Europe (Angleterre, Espagne, Suisse, Belgique, Allemagne, Grèce, Danemark, Suède et certains des nouveaux pays de l’Est) grâce à une série d’articles publiés, depuis deux ans, dans le magazine hollandais Genoeg (qui signifie « Assez! ») et qu’on trouve aussi sur le site Internet du mouvement hollandais (www.zuinigst.nl). En passant, même si les articles sont en hollandais, ils sont souvent accompagnés de références à des sites Internet dont certains sont en partie en anglais (nous avons pu avoir accès, grâce à l’aide de traducteurs bénévoles, à une version approximative ou non officielle de la plupart de ces textes). Continuez votre lecture…

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