L’état du travail au Canada
Les canadiens doivent travailler de plus en plus fort pour assurer leurs frais de subsistance et conserver une qualité de vie semblable à celle de leurs parents, indique un rapport rendu public par l’Institut Vanier de la famille, un organisme de recherche établi à Ottawa (http://www.ivfamille.ca/about/about_fr.html)
« Que partageons-nous en famille à la fin de la journée? » demande le directeur général de l’institut, Alan Mirabelli.
« Nous partageons nos restes : l’énergie, le temps et l’encouragement qui nous restent ».
La plupart des familles doivent travailler en moyenne un an et demi pour pouvoir payer leurs frais de subsistance annuels, précise le rapport (baisse du revenu des familles depuis 1992; l’endettement atteint des sommets records; le chômage diminue; les dépenses de consommation augmentent toujours; bond spectaculaire des dépenses de loisir etc.) qui tient compte principalement des statistiques les plus récentes provenant du recensement de 1996.
Cela signifie que les deux parents travaillent, ou que l’un travaille entre 65 et 80 heures par semaine pour payer les aliments, les vêtements, le logement, l’éducation et les loisirs, dit M. Mirabelli.
En 1997, le revenu familial moyen au Canada s’élevait à 55 628$, indique le rapport, citant Statistique Canada. La moyenne la plus élevée était de 61 110$ en Ontario et la plus faible était de 40 630$ à Terre-Neuve.
Selon Mme Judith Maxwell, présidente des Réseaux canadiens de recherche en politique publique, la surcharge de travail, ainsi que la course quotidienne entre la garderie, l’école et les autres activités, créent un niveau de stress et d’inquiétude élevé et pourraient affecter éventuellement les enfants.
Des recherches canadiennes récentes indiquent que les enfants qui n’ont pas été guidés dans leurs premiers contacts sociaux – pour apprendre à jouer avec les autres enfants et gérer leur colère, par exemple – peuvent connaître éventuellement des problèmes d’apprentissage. Dans certains cas, il existe une forte probabilité de délinquance dès l’âge de 13 ans, selon Mme Maxwell.
Mais il importe, précise-t-elle, de ne pas conclure que la surcharge de travail des parents entraîne automatiquement des problèmes pour les enfants.
Il est possible d’organiser le partage différemment et de faire appel à des membres de la famille. Un système de garderies plus abordables, ainsi que des congés parentaux et des congés de maladie adéquats sont cependant nécessaires pour aider à créer un équilibre entre le travail et le quotidien.
Selon Carole Vincent, de l’Institut de recherche en politiques publiques de Montréal, il est temps qu’Ottawa réforme la fiscalité des familles. Près de 20% des familles ne reçoivent aucune prestation fiscale, dit-elle.


